lundi 1 février 2010, 15:49
Rapport 2010 de la Fondation Abbé Pierre : un service public du logement, vite !
La Fondation Abbé Pierre a publié son rapport annuel sur le mal-logement en France. Si 3,5 millions de personnes sont non ou mal logées dans notre pays, la crise du logement touche, quant à elle, 10 millions de personnes à des degrés de gravité divers et atteint désormais les classes moyennes également.
Si cette situation du logement est désastreuse, elle l’est encore plus pour les enfants puisque sur les 3,5 millions de personnes non ou mal logées, 600 000 sont des enfants. Les conséquences sont catastrophiques sur leur santé et leur éducation, et viennent directement compromettre leur avenir.
En effet, comme le note le rapport, ces conditions de vie ont de multiples conséquences sur la santé et sur l'avenir des enfants concernés : saturnisme, affections respiratoires, troubles du sommeil ou encore difficultés relationnelles, pertes des repères, insertion compromise, délinquance parfois.
Dans un tel contexte, si je tiens à condamner le coup sans précédent qui ces dernières années a été porté au logement social, je tiens à réaffirmer mon opposition à la décision du Gouvernement de supprimer le poste de Défenseur des droits de l'enfant, institution indépendante créée en 2000.
En effet, comme la Fondation Abbé Pierre, j’estime qu’une telle décision "remet en cause la logique qui avait conduit à l'adoption de la Déclaration des droits de l'enfant", notamment "celui de disposer de conditions de vie leur permettant d'assurer leur protection et leur développement au sein de leur famille".
Au-delà, je me prononce en faveur de la création d’un véritable service public national du logement, seul en mesure de garantir à tous un accès à un logement de qualité et d’être vecteur de progrès social et de développement durable.
Ce service public est d’autant plus nécessaire que les politiques et réflexions menées dernièrement en matière de logement sont un échec : non respect de la loi SRU, Loi Boutin, maisons à 100.000 euros puis à 15 € par jour, droit opposable au logement inappliqué, ou encore la vente à la découpe du logement social …
Notre pays, plus de cinquante ans après l’émouvant appel de l’Abbé Pierre, ne peut décemment plus fermer les yeux sur un constat aussi criant et se doit de mettre tout en œuvre pour assurer l’effectivité du droit au logement.





