En 2010, les salariés ne vont bénéficier que de 0,3 % d’augmentation générale des salaires, soit moins que la hausse des prix. Leur pouvoir d’achat, d’ores-et-déjà insuffisant, va dès lors encore diminuer. Par ailleurs, le passage de la vitesse de ligne en Final 2 de 70 secondes à 84, va encore aggraver les conditions de travail en chargeant les postes de travail, ceci alors même que nombre de salariés souffrent d’ores-et-déjà de pathologies liées à des cadences de travail élevées.

La direction argue de difficultés financières pour justifier ces choix. Or, ces 10 dernières années, le groupe TOYOTA a accumulé près de 100 milliards d’euros de bénéfices ; bénéfices qui, force est de le constater, ont surtout servi à la spéculation financière et n’ont que trop peu profité aux salariés alors-même que ces profits sont le fruit de leur travail.

En licenciant une partie des salariés, en tirant les salaires et les conditions de travail vers le bas, la direction aggrave lourdement la crise, chose inacceptable quand on connait la situation difficile dans laquelle se trouve de nombreuses familles.

Or, ce n’est pas aux salariés de payer cette crise, qui plus est de la payer doublement, de surcroit lorsque l’on sait que les entreprises de l’automobile ont reçu, ces dernières années et sous des formes diverses, des aides importantes de la part de l’Etat.

C’est pourquoi, Madame le Ministre, je vous demande ce que compte faire le Gouvernement français face à la situation vécue par les salariés de Toyota et leurs familles, sans oublier les nombreux travailleurs du Valenciennois qui sont dans la même situation.

Au-delà, je vous alerte sur la nécessité que notre Etat use pleinement de son rôle de protection et soutienne nos salariés dans leurs légitimes attentes visant à augmenter les salaires, à refuser de subir la précarité au travail et à améliorer les conditions de travail. En un mot, que la France aide et protège ses salariés.

Plus que tout, cela doit inciter à la création d’une Commission de Contrôle des Fonds Publics pour s’assurer que les diverses aides versées par l’Etat servent à la pérennité et à la création d’emplois, à l’amélioration des salaires et des conditions de travail.

Il est en effet grand temps que l’humain reprenne le pas sur les profits.