En fait, la maison-mère essaie de se débarrasser de nous en se cachant derrière la liquidation du site. » Quid des indemnités extra-légales ? C'est justement là que le bât blesse. La direction propose 3/10e de mois par année d'ancienneté, alors que salariés et syndicats réclament eux, 30 000 euros, sans condition. « Certains salaires ne dépassent pas les 1 000 euros. C'est pas des conditions pour partir ! Et vu la situation de l'emploi dans le coin... »

La plupart dénoncent aussi des conditions de travail de plus en plus difficiles. Comme Sandrine, technicienne de laboratoire depuis cinq ans. « On travaille dans l'urgence alors qu'on a plus de matières premières à analyser, ce qui est très risqué ! explique-t-elle. On a déjà du mal à s'en sortir. Cinq personnes sont en arrêt maladie, une est en dépression. Alors s'ils suppriment des postes, on ne va plus tenir ! » Patrick Bajeux, opérateur de fabrication et chef du personnel, se dit « déçu » depuis le rachat de l'usine en 2003 par Rottendorf. En poste depuis 1990, il a vu les conditions de travail se dégrader, et la charge augmenter. Il pointe les problèmes de « fabrication avec des produits de moins bonne qualité. » Mais aussi les primes d'intéressement et les augmentations de salaires réduites à peau de chagrin. Et l'ambiance qui en a pris un sérieux coup. L'avenir ? « Il est plus que compromis, enchaîne-t-il, blasé. Je vais avoir 56 ans, pour moi, c'est cuit... Le plus dur, c'est d'attendre. Mais pas les bras croisés. « Nous ne bougerons pas d'ici tant que les conditions de départ ne seront pas améliorées ! » promet le délégué CGT.