mardi 9 février 2010, 10:14
Grève illimitée chez Rottendorf Pharma
En attendant les suites de mon intervention auprès de Christine Lagarde (voir billets précédents), j'ai crû bon de vous tenir informés de l'évolution chez Rottendorf Pharma à Prouvy, en réitérant mon soutien aux salariés, via l'article paru ce jour dans la Voix du Nord de Valenciennes. Vous pouvez consulter cet article dans son contexte original en cliquant ici.
Les salariés de Rottendorf Pharma en grève illimitée
Tension. Depuis lundi, salariés et syndicats (CGT, CFDT, FO) du fabricant de médicaments ont planté leur piquet de grève devant l'usine, rue Nungesser, à Prouvy. Devant les grilles de l'usine, palettes de bois et pneus se consument mais peinent à réchauffer l'atmosphère glaciale. Et pour cause ! ...
Après l'annonce il y a trois mois du redressement judiciaire de l'entreprise et, dans la foulée de la suppression de 46 postes (dont sept feraient l'objet d'un reclassement en interne), les réunions avec la direction n'ont pas fait bouger les choses d'un iota. Ce qui a le don d'agacer Jean Henry, délégué syndical CGT. « Les réunions avec l'avocat de la direction ou avec le directeur commercial sont chaque fois repoussées, s'emporte-t-il.
En fait, la maison-mère essaie de se débarrasser de nous en se cachant derrière la liquidation du site. » Quid des indemnités extra-légales ? C'est justement là que le bât blesse. La direction propose 3/10e de mois par année d'ancienneté, alors que salariés et syndicats réclament eux, 30 000 euros, sans condition. « Certains salaires ne dépassent pas les 1 000 euros. C'est pas des conditions pour partir ! Et vu la situation de l'emploi dans le coin... »
La plupart dénoncent aussi des conditions de travail de plus en plus difficiles. Comme Sandrine, technicienne de laboratoire depuis cinq ans. « On travaille dans l'urgence alors qu'on a plus de matières premières à analyser, ce qui est très risqué ! explique-t-elle. On a déjà du mal à s'en sortir. Cinq personnes sont en arrêt maladie, une est en dépression. Alors s'ils suppriment des postes, on ne va plus tenir ! » Patrick Bajeux, opérateur de fabrication et chef du personnel, se dit « déçu » depuis le rachat de l'usine en 2003 par Rottendorf. En poste depuis 1990, il a vu les conditions de travail se dégrader, et la charge augmenter. Il pointe les problèmes de « fabrication avec des produits de moins bonne qualité. » Mais aussi les primes d'intéressement et les augmentations de salaires réduites à peau de chagrin. Et l'ambiance qui en a pris un sérieux coup. L'avenir ? « Il est plus que compromis, enchaîne-t-il, blasé. Je vais avoir 56 ans, pour moi, c'est cuit... Le plus dur, c'est d'attendre. Mais pas les bras croisés. « Nous ne bougerons pas d'ici tant que les conditions de départ ne seront pas améliorées ! » promet le délégué CGT.





