Reste la question financière. C'est Bouygues qui a jeté le pavé dans la mare, à la fin de l'été. Le groupe, en compétition avec Vinci pour la construction du canal et son exploitation (via un système de péages), estimait que le secteur public, principal financeur du projet évalué à plus de 4,5 milliards d'euros, n'apportait pas les garanties de son engagement.

En Belgique, certains ont carrément assuré que le projet était mort avant d'être né. En France, le gouvernement, qui fait la chasse aux économies, assure que l'Etat ne peut aller au-delà de son effort.

Par presse interposée, le ministre des Transports sollicite le concours accru de l'Europe, qui n'apporterait que 6 à 7 % du financement (330 millions, plus 120 pour l'aménagement de l'Escaut), quand la norme, sur les grands chantiers, est plutôt de 20 %.

Comme pour donner des gages de bonne volonté, des collectivités, qui mettent déjà largement la main à la poche (800 millions), pourraient augmenter leur participation. Le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, qui rencontrait le Président de la Commission Européenne mardi 18 septembre, a aussi été sollicité pour relayer les attentes régionales.

Alain Bocquet, député-maire (PCF) de Saint Amand, lui rappelle que le "Nord Pas de Calais attend un signal fort (du) gouvernement". Le PS Nord, lui, a fait savoir que le dossier figurerait à l'occasion d'une prochaine rencontre avec Jean-Marc Ayrault.

Selon le calendrier initial, Bouygues et Vinci devaient présenter leurs offres à l'automne avant un choix final avant la fin de l'année 2012.

Impossible à tenir. Reste la lettre au Père Noël.